CD-ROM du site internet
Biographie
Contexte
Technique

Les Séries

Les 36 vues de la Tour eiffel
Les Aspects de la Nature
Au vent de Noroit
Le Beau Pays de Bretagne
Etudes de vagues
La féérie des heures
Les paysages bretons

Oeuvres uniques

Aquarelles
Eaux fortes
Huiles
Lithographies
Ombres
Xylographie

Les influences de l'environnement de l'époque sur l'oeuvre de la vie d'Henri Rivière



SPLEEN  

Voici une "production" commune : texte de Jean Moréas, dessin de Henri Rivière et Antonio de la Gandara (Peintre à Paris, 1861-1917 et ami de HR) - Eau forte -

Montmartre - le premier Chat Noir  

Voici une photo du premier cabaret du Chat Noir avant qu'il déménage rue Victor Massé. Contribution d'un membre de l'association. -

Montmartre - le Chat Noir Page 8  

Montmartre - le Chat Noir Page 6 et 7  

Montmartre - le Chat Noir Page 4 et 5  

Montmartre - le Chat Noir Page 2 et 3  

Montmartre - le Chat Noir Page 1  

Pages issues de " La Revue Illustrée" du 15 juin 1886. À l'intérieur 8 pages consacrées aux Cabarets Montmartrois et plus particulièrement au Chat Noir. Article écrit par Émile Goudeau et illustré de 8 dessins d'Henri Rivière. - contribution d'un des membres de l'association -

Montmartre - Le chat noir - caricatures  

Caricature de membres du Chat Noir dont HR par Antonio de la Gandara - Encre de Chine -

Montmartre - le Chat Noir  

Portrait d'Henri Rivière par Yves Brunner -

Montmartre  

Baigné dans l’atmosphère toute particulière de Montmartre, Rivière s’initie à l’esprit indépendant de ces artistes, très éloignés des préoccupations officielles. En 1880, une révolution sociale semble s’opérer. Un nouveau public se désintéresse des divertissements classiques et s’oriente vers des formules plus en vogue. Des théâtres d’avant garde, dit « libre », se créent en opposition aux théâtres officiels comme la Comédie Française. Le mouvement d’indépendance artistique qui touchait jusqu’à présent le domaine des beaux-arts et de la littérature s’étend à celui de la comédie. Les manifestations sont variées, les acteurs et les musiciens établissent un vrai dialogue avec le public. Montmartre devient alors un lieu où les divertissements nocturnes ne manquent pas. Ce quartier connaît une forte concentration de cafés concerts, de cabarets. La libération des mœurs austères se fait dans une euphorie rieuse. -

Les sociétés de graveurs  

La gravure élargit ces domaines d’application et prend de l’importance grâce aux monde de l’édition. Toutes les techniques de l’estampe sont mise à l’honneur et bientôt les artistes se réunissent en sociétés afin de promouvoir leur art. En 1862, la Société des Aquafortistes est fondée par l'imprimeur Auguste Delâtre (1822-1907) et par le marchand d'estampes Alfred Cadart (1828-1875). Fondée par des hommes d’affaires, cette société d’artistes ne perdure pas dans le temps. Bien que les membres de la société soient motivés et enthousiastes, soucieux de défendre l’estampe originale, ces dernières ne rencontrent pas la faveur du public et la séparation des deux collaborateurs met fin à l'aventure en 1867. Une autre tentative moins ambitieuse et dont le but n’est pas lucratif voit le jour e 1868. Fondée par Henriquel-Dupont (1797-1892), enseignant à l'école des beaux-arts réunit autour de lui les adeptes d'une gravure d'interprétation et fonde la Société Française de la gravure. Face à ces initiatives courageuses, les inconditionnels de la gravure de reproduction tardent à se manifester. En 1882, la Société d'Artistes Graveurs au burin tente de se défendre contre les arts de reproduction mécanique. Ce combat est vain cette société semble déjà être d'arrière garde. Ce type de gravure demeure toujours une gravure de reproduction qui s'obstine à imiter la texture de la peinture en utilisant différents calibres de pointes. La préoccupation de la taille devient alors une obsession. A l'inverse, la Société artistique des aquafortistes français, fondée en 1885, reprend les préceptes de la Société des Aquafortistes et diffuse l’art de l’estampe originale en publiant des eaux-fortes réunies en portefeuilles ou en albums. En 1889, Félix Bracquemond crée la Société des peintres-graveurs, refusant le cloisonnement entre disciplines. Cette société marque la victoire de l'Estampe Originale. L’association de Félix Bracquemond et Henri Guérard (1846-1897) est à l’origine de plusieurs expositions. Une assemblée générale se réunit une fois par an pour élire les nouveaux membres et les artiste invités à exposer. La société attire la sympathie des critiques d'art qui se font les défenseurs de l'estampe originale et rédige le catalogue d'exposition : en 1890 Philipe Burty et en 1891 Roger-Marx. En 1892, seconde exposition des peintres-graveurs, et toujours à la galerie Durand-Ruel. Rivière présente 33 bois sur le même thème. Roger Marx est élogieux sur les oeuvres de Rivière qui est pour lui le plus authentique et le plus original parmi les nombreux peintres graveurs japonisants existants. Cependant les peintres-graveurs ne constituent pas un mouvement, en dehors de l'estampe, aucune autre affinité ne les unit. Manquant de cohésion, les membres se dispersent et l'association perd son dynamisme. Il faut attendre 1894, pour que Vollard, amateur d'estampe et marchand, décide d'organiser l'exposition des peintres-graveurs. Dans un tout autre registre, cette fois, les peintres exposent des estampes en couleur : Pissarro, Cézanne, Gauguin, Bonnard, Redon, Lautrec. Après cette exposition et la déception de Vollard qui ne vend pas, la société tombe en sommeil jusqu'en 1906, ou elle se transforme en association de graveurs. Rivière en participant à cette exposition côtoie de célèbres artistes, qui défendent aussi la valeur de l’estampe. Pourtant ces artistes sont connus pour leur oeuvre peinte, et une fois de plus l’estampe est relayer au parent pauvre de la production artistique. -

Le Renouveau de l'estampe  

Le renouveau de l’estampe originale à la fin du 19eme siècle est une véritable révolution esthétique. La gravure se libère alors de son rôle de reproduction avec l’invention de la photographie et devient un art à part entière. En effet de vielle tradition la gravure n’est pas considérée comme un art à part entière, son rôle se limite à la reproduction de la grande peinture ou de la sculpture. La gravure est enseignée aux beaux-arts mais ne possède aucune lettre de noblesse. Considérée comme un art mineur en Europe, son usage est limité à celui de la reproduction. Elle est le moyen de véhiculer l’image des chefs d’œuvre de l’art. Les graveurs copient les peintures ou les sculptures. La qualité d’une gravure n’est pas évaluée pour elle-même, mais pour le sujet représenté. L’artiste habile doit démonter sa capacité à reproduire le plus fidèlement possible son modèle. L’interprétation ou l’émotion est interdite au graveur. Seul le sujet importe. Avec l’invention de la photographie ce type de gravure semble perdre toute son utilité. Dès son invention, la photographie se présente comme la rivale de la gravure de reproduction et pousse les graveurs dans leurs retranchements. Les graveurs face à la perfection de la photographie ne peuvent pas lutter. Pourtant certains tentent d'égaler son réalisme, alors que d'autres cherchent plutôt à affirmer leur art comme expression. Au 19eme siècle, l’art de l’estampe se sépare en deux tendances. D’un coté la tradition des beaux-arts impose à la gravure de se limiter à la reproduction et de rester en noir et blanc, de l’autre des artistes comme Daumier dans le style de la caricature populaire s’exprime plus librement mais toujours en noir et blanc. Les graveurs se considèrent pourtant comme des artistes et souhaitent afficher leur indépendance vis à vis de l’art officiel enseigné à l'Ecole de Beaux Arts. Les artistes aspirent alors à plus de liberté et s’organisent en comités et sociétés d’artistes. On assiste alors à un renouveau de l'estampe française. Les artistes réagissent sur deux fronts. Le premier est sur le sujet. Désormais ils choisissent librement de représenter des paysages, de réaliser des portraits ou tous autres sujets qui étaient interdit. Ils transgressent aussi la technique du noir et blanc sous l'influence de l'estampe japonaise ils intègrent la couleur et ainsi se détache complètement de la reproduction pour devenir progressivement un art à par entière. -

LE CHAT NOIR  

Extrait de "Harper's new monthly magazine" vol. XCVI n° 571. Vous y reconnaîtrez H. Rivière sans difficulté. -

La Japonisme  

Même si l’art japonais est connu en France depuis le milieu du 19eme siècle, notamment grâce à l’ouverture du pays aux occidentaux, l’art japonais ne sera réellement pris au sérieux que dans les années 1880. Désormais on ne se contente plus d’acheter mais également de comprendre et d’exploiter. De nombreux artistes possèdent des estampes et des marchands s’intéressent de plus en plus à ce nouveau marché. Les artistes à la recherche de nouveaux sujets et d’un nouveau style s’inspirent des estampes japonaises. « Le manga » comparé au dessin européen est simplifié et dénué de tout artifice. Contrairement à la tradition européenne, très axées sur le rendu des chairs et du modelé, l’art asiatique privilégie les lignes synthétisées et les aplats de couleurs cernés d’un trait noir. Le trait ne transcrire que l’essentiel. Les œuvres japonaises sont par la pratique des gros plans, des raccourcis, les vues en plongée ou contre plongé, les contre-jours plus directes et plus incisives. Les peintres de Montmartre intègrent à leurs tours les principes de l’art japonais et proposent un nouveau style nommé le japonisme. Il ne s’agit pas d’une reprise intégrale mais d’une interprétation. Henri Rivière fait parti de ces artistes japonisant. Collectionneur et passionné d’art japonais, Rivière ne se contente pas d’imiter. Il reconstitue et reproduit la technique des xylographies japonaises. Il cherche à atteindre une maîtrise parfaite, il réalise lui-même ses outils et va jusqu’à acheter du papier japonais ancien, fabriqué avec des pousses de bambous, pour tirer certaines lithographiques, éditions de « luxe » numérotées et signées à la main à l’aide d’un crayon bleu. Les estampes japonaises inspirent à Rivière non seulement l’usage d’une technique particulière mais aussi le choix de ces sujets. Au japon les artistes comme Hokuaï se consacrent à la représentation du « Monde Flottant », et aime intégrer des personnages de la réalité quotidienne à leurs paysages. -

La Bretagne  

Rivière reste à Paris d'octobre à mai et durant le période estival il part en Bretagne. En 1884, sur les conseils de Signac, il découvre Saint-Briac où il retourne chaque année jusqu'en 1890. En 1891, il modifie sa destination tout en restant sur la côte. Il séjourne alors à Saint-Cast, Perros-Guirec, Ploumanach, Tréboul, Douarnenez, Loguivy et enfin Morgat de 1911 à 1916. Saint-Briac et Saint-Cast, situés sur la côte d'émeraude, sont les premiers coups de foudre de Rivière. Ces paysages constitueront les premières xylographies de la série des Paysages Bretons. En 1891, il découvre la côte de granit rose. Perros-Guirec et les sentiers autour de Ploumanach deviennent ses lieux de promenade. Les deux années suivantes, c'est le port de Tréboul, dans la baie de Douarnenez, qu'il visite. Les deux années qu'ils passent dans cette région sont l'occasion pour Rivière d'observer les activités maritimes du port. Il réalise de nombreux croquis et étudie précisément les embarcations de pêche. En 1894, le couple Rivière séjourne de nouveau en Bretagne Nord, dans le port de pêche de Loguivy, à l'embouchure du Trieux, et face à l'île de Bréhat. C'est ici qu'ils s'installent en achetant une petite maison en 1895. Ils la baptisent « Landiris ». Aujourd'hui, un quartier résidentiel de Loguivy se nomme « Landeris ». Le nom donné à la maison vient du fait que l'iris est une de leurs fleurs préférées et sert comme monogramme. Cette demeure, juchée sur le haut d'une falaise, cachée sous les pins, est un coin de paradis entre la vallée du Trieux et le port de Loguivy. Ils vendent la maison en 1914, juste avant la guerre. Entre 1902 et 1911, les Rivière alternent entre leur maison de Loguivy et la presqu'île de Crozon. C'est Morgat et ses environs qu'ils visitent jusqu'en 1916. -


Les Amis d'Henri Rivière   2004 - 2012©